La neige noire d’Oslo

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Dans le petit appartement d’une banlieue ouvrière d’Oslo, puisant dans un quotidien où plus personne ne parle sa langue maternelle, ni à l’usine ni en famille, Luigi Di Ruscio a écrit le monde quarante ans durant.

Ouvrier métallurgiste à Oslo, il travailla dans une fabrique de clous sans cesser d’écrire en parallèle deux œuvres, une de prose, l’autre de poésie. En 2010, il donna cette Neige noire d’Oslo, dans laquelle il mêle librement le roman, l’autobiographie, la poésie : « Comment se fier à des témoins oculaires qui affirment avoir vu de magnifiques couchers de soleil quand on sait pertinemment que le soleil ne se couche pas, c’est nous qui crépusculons constamment. »

Perpétuellement drôle, Di Ruscio s’émancipe de tout avec joie, et étrille les conventions du langage dans un élan de créativité furibonde, renverse les hiérarchies, bouscule la religion, la politique, la famille, le couple et le sexe, fusionnant l’écriture et la vie. Sa langue, rétive aux carcans de toutes sortes est irrévérencieuse, caustique, drôle et incisive. Une lave qui combine impressions et visions, constats et névroses.