L’Amour après

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Marceline Loridan-Ivens, 89 ans, cinéaste, déportée à 15 ans à Auschwitz, signe avec Judith Perrignon, « L’amour après », un livre dans lequel elle ouvre « sa valise d’amour », pleine des souvenirs épistolaires de toutes sortes, lettres, notes, petits mots, que les hommes de sa vie lui ont adressés. Un livre sensuel, écrit dans une langue d’une jeunesse éclatante.

On regrette le bandeau tapageur mis par l’éditeur sur ce livre, mettant en exergue la déportation de Marceline Loridan-Ivens. Aimer après… Il s’agit d’aimer après un trauma. On se dit presque, quel qu’il soit. Il n’y a pas de petit ou de grand trauma, mais des souffrances toujours terribles.

Marceline Loridan-Ivens ne s’appesantit justement jamais sur l’épisode concentrationnaire. Elle écrit avant tout le Paris des années 50, l’Histoire en train de se faire, l’Algérie, le FLN, la liberté des femmes, la recherche de quelque chose, le désir. Elle évoque Perec, Jean Rouch et Simone Veil : « En politique, nous n’étions pas du même bord, mais qu’est-ce un bord, sinon une rive d’où l’on écoute et interprète le bruit du monde ? » On suit à travers ses évocations la trajectoire d’une femme qui a désiré être libre et qui du haut de ses 89 ans, semble y être parvenu… Il faut au moins une vie pour cela.